Les maux dont souffre l’urbanisme sénégalais ont été passés au peigne fin lors de l’Atelier préparatoire du conseil national de l’urbanisme, de l’habitat et du cadre de vie, vendredi à Saly. A cette occasion, le Ministre de l’urbanisme et de l’habitat, Madame Khoudia Mbaye, a diagnostiqué ‘’le profond mal- vivre des villes sénégalaises’’.
Ces dernières années le Sénégal s’est distinguée par une croissance urbaine qui inquiète les spécialistes de l’urbanisme. A titre illustratif ‘’ en 1960 moins d’un sénégalais sur 3 habitait en ville, aujourd’hui près d’un sénégalais sur deux habite en ville’’.
Pour de nombreux spécialistes, cela est le résultat d’une croissance démographique soutenue et de l’exode des populations rurales vers les centres urbains. Cette croissance non maitrisée a engendré d’énormes problèmes d’urbanisme et de l’habitat, avec une extension sans précédent des zones urbaines.
« La mal- urbanisation que l’on constate aujourd’hui au Sénégal, découle d’une insuffisance de planification de nos établissements humains et à tout le moins d’un défaut d’application de quelques plans existants, sans oublier le non respect des dispositions législatives et réglementaires en matière d’urbanisme, d’habitat et de construction », indique le Ministre de l’urbanisme et de l’habitat.
Parallèlement, le secteur a connu ces dernières années une instabilité institutionnelle ce qui est incompatible avec une véritable politique de développement urbain durable.
« Le sous équipement général des services du ministère er le déficit en ressources humaines qui lui sont consécutifs ont aussi constitué des facteurs ayant contribué à limiter les résultats atteints par le secteur.
Tous ces problèmes relatés ont négativement impacté le cadre de vie des populations », ajoute Madame Khoudia Mbaye
Pendant e temps, les actions posées par les gouvernants pour sortir le secteur de sa léthargie restent improductifs.
« Pendant des décennies les politiques mises en œuvre par l’Etat n’ont pas été à la hauteur des attentes des populations. Et le gap entre la demande et l’offre a augmenté d’année en année. Il en a résulté un déficit très important en logements et parcelles, notamment pour le plus grand nombre, ainsi que les occupations anarchiques, y compris dans les zones impropres à l’habitat. Il s’y ajoute des initiatives dispersées, sans cohérence et sans anticipation par une bonne planification urbaine », constate le ministre.
Ainsi, il faut une thérapie de choc pour sortir l’urbanisme de l’ornière à travers une batterie de ruptures. Cela passe d’abord l’érection des quartiers et logements décents à la place des bidonvilles qui occupent 30 à 40% de l’espace urbain, selon Mme Mbaye.
Ces ruptures annoncées par le nouveau régime dans la politique urbaine devraient permettre d’aller vers ‘’une urbanisation d’acceptation à travers une planification urbaine’’. Enfin, il faut rompre avec « le logement pour une faible proportion de privilégié » pour faire du logement social pour le grand nombre des sénégalais.











































































































